Entre création et transmission
mon double rôle d’artiste et de conseiller jeunesse au CJEMY
Si vous me découvrez ici pour la première fois, voici un aperçu de qui je suis et de ce qui rythme mon quotidien.
Depuis maintenant quatre ans, je suis impliqué dans Vocation en Art.
Quatre années à rencontrer des jeunes en questionnement, à écouter leurs doutes, leurs élans, leurs hésitations. Cette implication s’est construite naturellement, dans le temps, au contact du terrain et des réalités humaines qui l’accompagnent.
Bonjour à tous,
Ces dernières mois, j’ai été très pris.
Pas seulement par mon travail de création, mais par un projet qui me mobilise profondément : Vocation en Art.
Un projet exigeant, prenant, parfois intense, mais surtout profondément aligné avec ce que je suis aujourd’hui - comme artiste et comme humain. J’ai souvent eu l’impression de courir après le temps. Pas parce que j’en manque, mais parce qu’il est rempli. Rempli de création, de rencontres, de discussions qui commencent par des questions simples et qui finissent, parfois, beaucoup plus profondes.
Je suis artiste professionnel. C’est ce qui m’anime depuis longtemps.
Mais aujourd’hui, je suis aussi conseiller jeunesse au CJEMY et chargé de projet pour le parcours Vocation en Art. Deux rôles qui, étonnamment, se répondent. Comme si l’un venait naturellement nourrir l’autre.
Créer m’a appris à écouter et observer.
Accompagner m’a appris à ralentir.
Être artiste professionnel, pour moi, ne se limite plus depuis longtemps au fait de produire des images. Avec le temps, j’ai ressenti le besoin de transmettre, de partager ce que j’ai appris — souvent dans le doute, parfois dans l’erreur — et d’accompagner celles et ceux qui se posent aujourd’hui les mêmes questions que moi hier.
Pourquoi le CJEMY m’a confié Vocation en Art
Si le CJEMY m’a proposé de gérer le parcours Vocation en Art, ce n’est pas un hasard. Mon profil se situe à la croisée de deux réalités : celle d’un artiste professionnel actif, et celle d’une personne engagée sur le terrain, auprès des jeunes, depuis plusieurs années.
J’ai traversé les choix d’orientation, les périodes d’incertitude, les questionnements liés aux études, à la légitimité, à l’argent, à la reconnaissance, à la place que l’on prend — ou que l’on ose prendre — dans le milieu artistique. Je sais à quel point ce chemin peut sembler flou, intimidant, parfois décourageant.
Quand on m’a proposé ce rôle, j’ai dit oui sans trop réfléchir. Pas parce que c’était simple à intégrer à mon quotidien — ça ne l’est pas — mais parce que ça faisait écho à quelque chose de très personnel.
Je me revois plus jeune, à me demander si j’avais le droit d’y croire. Si choisir l’art n’était pas une erreur. Si c’était raisonnable, acceptable, sérieux.
Le CJEMY cherchait quelqu’un capable de parler sans filtre, mais sans casser les élans. Quelqu’un qui ne vend pas un rêve idéalisé, mais qui ne ferme pas les portes non plus. Quelqu’un capable d’expliquer les réalités du milieu tout en respectant les aspirations de chacun.
C’est exactement la posture que j’essaie d’adopter dans Vocation en Art.
Avant d’accompagner Vocation en Art,
j’y ai moi-même participé.
À l’époque, grâce à une erreur liée à mon âge (le destin) et une période sans emploi m’ont placé à un moment charnière. La mission du CJEMY
- aider les jeunes- me parlait profondément. J’ai alors pris mon courage à deux mains et postulé pour gérer Vocation en Art.
Aujourd’hui, accompagner ce parcours a un sens particulier, parce que je le connais de l’intérieur.
Accompagner sans formater
Mon rôle n’est pas de dire aux jeunes quoi faire.
Il est de les aider à mieux comprendre ce qu’ils veulent, ce qu’ils sont prêts à investir, et ce que signifie réellement le fait de s’engager dans une voie artistique.
Les questions reviennent souvent :
Est-ce que j’ai ma place ?
Est-ce que c’est réaliste ?
Est-ce que je fais le bon choix ?
Je partage mon expérience telle qu’elle est : faite de passion, oui, mais aussi de discipline, de constance, de doutes, de réajustements. J’explique que le parcours artistique n’est presque jamais linéaire, qu’il évolue, qu’il se transforme — parfois lentement, parfois brutalement — et que c’est normal.
Dans Vocation en Art, je n’essaie pas de convaincre.
Je n’essaie pas non plus de décourager.
J’essaie d’être juste.
Et souvent, je vois un soulagement. Pas parce que la réponse est trouvée, mais parce que la question a enfin le droit d’exister.
Une fierté sincère
Ce qui me rend particulièrement fier dans cette implication, c’est le climat qui se crée. Un espace où les jeunes peuvent parler librement, réfléchir sans pression, poser des questions parfois inconfortables, mais essentielles.
Aujourd’hui, cette dimension de transmission fait partie intégrante de ma pratique. Elle nourrit aussi mon travail artistique. Parce que prendre le temps d’écouter, d’expliquer, de guider, c’est aussi une façon de donner du sens à ce que je crée.
<Créer, transmettre, puis laisser chacun trouver sa voie.>
Info pratique — Vocation en Art
Vocation en Art est un parcours destiné aux jeunes de 17 à 35 ans qui souhaitent explorer les métiers artistiques, mieux comprendre les réalités du milieu culturel et réfléchir à leur avenir — comme étudiant·e ou comme artiste professionnel·le.
Le programme s’adresse :
aux jeunes en questionnement sur leur orientation,
aux artistes émergents,
ainsi qu’aux parents souhaitant accompagner leur enfant dans un parcours créatif réfléchi et réaliste.
🔗 Découvrir le programme et s’inscrire
👉 https://www.vocationenart.com